Elle la boucle quand, la mère parfaite ?

Si j’en ai pas entendu parler 100 fois de la mère parfaite, alors j’en ai pas entendu parler une seule fois. Allez, ne fais pas l’étonnée, toi aussi tu la connais. Et elle t’en a fait baver, la mère parfaite !

On a toutes dans notre entourage une femme, mère d’1, 2, 3, 4 enfants ou plus, radieuse au possible, complètement folle de ses gosses, qui ne vit que pour eux, qui serait prête à mourir pour eux, capable de t’énumérer tous les avantages qu’apporte la maternité sans même que tu le lui demandes, et qui te fait culpabiliser de n’être pas la mère parfaite que tu as toujours rêvé d’être. Tu te la figures bien ? Tu vois de qui je parle ? OK.

Pourquoi depuis que t’as accouché, toi, t’as qu’une envie : sortir entre copines histoire d’oublier un peu tes mômes ? Et pourquoi elle, elle adooooore rester à la maison, à préparer de bons petits plats, de la bave de bébé plein les vêtements et accessoirement du caca plein les doigts ? That’s the question…

Est-ce qu’on n’est « pas nette » lorsqu’on pense à s’échapper de la maison pour souffler un peu ? Si je dispute mes enfants, si je m’énerve, cela fait-il de moi une mauvaise mère pour autant ?

Je me suis tellement figuré que j’allais être cette mère parfaite au moment de me lancer dans l’aventure de la maternité. Me connaissant -et ceux qui me connaissent savent que c’est un challenge- je me disais que je serais plus patiente et attentive.

Je me voyais déjà rayonnante, entourée de mes marmots et de Mumsieur, dans une belle maison avec jardin. Le samedi on sortirait en famille au parc, le grand ferait du vélo, le petit dormirait dans son landau ; on mangerait un morceau avant de rentrer à la maison déguster les petits plats que j’aurais préparés toute la semaine et soigneusement congelés. Le dimanche serait consacré aux jeux de société et au repos avant d’entamer une nouvelle semaine toute aussi parfaite que les précédentes.
On m’appellerait pour me proposer de sortir mais je répondrais que je suis tellement bien avec les gosses que je remettrais ça à plus tard.
On me demanderait conseil sur plein de sujets autour de la maternité : mon accouchement parfait, mon allaitement parfait, mon retour de couches parfait, mon teint parfait, ma joie de vivre parfaite…
Je serais un modèle pour les autres mères et j’en viendrais même à me dire que, finalement, elles ne m’arrivent pas à la cheville, les pauvres.  Je ne rirais pas au sketch de Foresti sur les mères parfaites, franchement de mauvais goût. Ma vie serait chronométrée parce que l’organisation serait LE maître-mot de ma vie.
Mes enfants eux-aussi seraient parfaits -les chiens ne font pas des chats que diable !- : le grand suivrait des cours de piano, irait au tennis le mercredi après-midi, tandis que BB ferait ses nuits dès la naissance et serait d’un calme olympien au quotidien. Mumsieur lui-aussi me serait d’une aide précieuse chaque jour.

Oui, tout serait parfait…

7h15. Le réveil sonne. Je viens de me réveiller du plus affreux des rêves : celui d’être une mère parfaite.

Je me pince, rien de tout cela n’est vrai. Je pousse un soupir de soulagement. Non, je ne suis pas cette mère parfaite parce que ma vie est jalonnée d’événements tout aussi imparfaits les uns que les autres. BB faisait ses nuits mais ne les fait plus, tandis que le grand n’a pas encore tenté le vélo. Il ne suit pas de cours de piano et ignore tout du tennis. Parfois même, je n’ai aucune envie de cuisiner, j’ouvre une boîte de petits-pois carottes, la fait réchauffer et la lui donne, histoire de lui faire manger des légumes…
J’attends qu’on m’appelle pour me proposer une sortie entre filles, un ciné, une virée shopping.
Le week-end passe bien trop vite, souvent je n’ai pas envie de sortir et c’est Mumsieur qui m’y pousse parce que selon lui « il faut que je sorte un peu seule, sans les enfants ».
Mon allaitement n’est pas parfait, j’ai parfois envie d’abandonner parce que cela requiert un certain don de soi, que je ne suis pas à 100% dévouée comme le serait une mère parfaite…

Mais au fait, elle la boucle quand, la mère parfaite ?

Parce que finalement, à bien y réfléchir, je ne l’envie pas.
Est-ce que je supporterais le poids du regard des autres si en tant que mère parfaite, je me trompais ?
Si demain, mes enfants me disaient qu’ils n’en ont rien à faire du tennis et du piano et qu’ils ont suivi ces cours juste pour me faire plaisir, est-ce que ça ne m’anéantirais pas ?
Est-ce que je serais vraiment une bonne mère si je faisais passer ce modèle de perfection, façonné par la société, devant le bonheur de mes enfants ?
Je ne pense pas.

Ma vie me convient comme elle est, j’essaie de l’améliorer chaque jour, avec une patience limitée certes, mais une confiance en l’avenir imperturbable. Parce que je sais que demain sera meilleur qu’aujourd’hui. Et tant pis si les journées ne se passent pas comme je le voudrais, j’en suis pas morte pour autant.

Je suis tout bonnement parfaitement imparfaite

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3 réflexions sur “Elle la boucle quand, la mère parfaite ?

  1. Pénélope dit :

    Héhé. La mère parfaite selon moi serait celle qui malgré l’arrivée de son incroyable chérubin aurait envie quand même de sortir avec ses copains boire un verre sans s’inquiéter de laisser bébé à la maison sans elle. C’est celle là que j’aimerais être… et que je ne serai peut-être pas. 😄

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