Mais j’étais là avant !

Voilà ce que pourrait me dire mon premier en ce moment, depuis que j’ai accouché de BB2 il y aura bientôt 3 mois. L’impression de n’avoir pas une minute à soi -sauf pour bloguer, avec entre-coupages- et pas beaucoup de temps pour lui.

Ça vous a fait quoi, vous, quand vous avez accouché du deuxième ? Parce que ça fait des semaines que j’ai le sentiment d’abandonner mon aîné…

Dès le 3ème mois de grossesse, une fois certaine que la chose était actée, j’ai annoncé à mon premier qu’il allait être grand-frère dans les prochains mois . La joie, il était heureux. Même si, disons-le franchement, c’était plutôt virtuel pour lui : pas de bébé en dur, impossible à voir et à toucher, « un petit frère ok, moi je m’en retourne à mes Lego si tu veux bien »

Puis, BB2 est arrivé et c’est avec une certaine fierté qu’il a vécu la chose. N’empêche, qu’on le veuille ou non, un nouveau-né attire toute l’attention. Et parfois les proches n’arrangent pas les choses : « Qu’il est mignon… Il a de grands yeux… Qu’est-ce qu’il est chevelu… » et je me revois dans la chambre de la maternité essayer de remettre sur le devant de la scène celui qui avait attiré l’attention de tous jusque là. Celui qui fut la star des photos de famille, celui à qui tous les cadeaux revenaient, celui qui requérait tout notre intérêt finalement. Voilà qu’après 4 ans de bons et loyaux… moments de rigolades, on ne lui donne plus qu’un second rôle, limite celui de figurant.

Que faire ? Est-ce que c’est mal ?

Pas évident, même en congé, de s’occuper de deux enfants (pensée pour celles qui en ont plus, je m’incline). Entre l’un qui nécessite une attention de tous les instants et l’autre qui a lui aussi besoin d’attention, qu’on joue avec lui, qu’on lui parle, qu’on l’écoute surtout ! Il évolue à une vitesse folle : voilà qu’il aime les jeux de société maintenant, qu’il sait écrire son prénom et le prouve sur toutes les feuilles qu’il trouve -prévoir de ranger la feuille d’impôt ; en tout cas pas de doute, on a des gosses-, chante à tue-tête les chansons de ses dessins animés préférés. Bref, un vrai petit garçon.

Oui, parfois je lui dis d’aller s’occuper dans sa chambre, parce que l’entendre chantonner toooooute la journée, avec BB2 qui chouine aussi de son côté, à un moment ça fait beaucoup. Oui, je lui dis aussi que je ne peux pas jouer avec lui maintenant parce qu’on a encore la douche à prendre et que le repas n’est pas prêt. Oui, parfois il doit avoir l’impression que je suis davantage la mère de son frère. Alors son comportement change : il pleure plus, fait pipi au lit deux fois dans la semaine, se réveille 2 à 3 fois la nuit, boude quand on lui dit non. On appelle ça, le phénomène de régression : il « redevient bébé » en quelque sorte. Et pourtant avec son frère, il est adorable : on ne compte plus les bisous et câlins qu’il lui fait dans la journée. Certains enfants expriment leurs émotions différemment, et à des moments distincts.

Je n’ai jamais vécu cela pour ma part, même si j’ai un frère. Nos 11 années de différence y sont sans doute pour quelque chose. Mais je n’ai pas ressenti ce besoin d’attention de ma mère, du moins, ça ne m’a pas particulièrement marquée. Sans doute s’y est-elle prise comme un chef pour gérer la situation… Et moi comme un pied…

J’ignore quel comportement adopter. La solution résiderait peut-être dans le fait d’être moins stricte dans l’organisation de ma journée, répondre à chacune de ses sollicitations, passer le relai à Mumsieur le soir quand il rentre. Ou encore qu’on passe du temps tous les 2, mon aîné et moi, comme avant.

J’avoue que les livres ne m’aident pas forcément, dans la mesure où ils mettent le doigt sur la cause de certains comportements, une cause que je ne veux pas forcément voir (à lire Je t’en veux, je t’aime d’Isabelle Filliozat). Je m’intéresse au plus haut point à l’éducation des enfants d’une manière générale, à celles de mes enfants en particulier. Cette seconde maternité m’a ouvert les yeux sur la façon dont je gérais certaines situations, notamment les crises de pleurs : au lieu d’avoir ce réflexe de protection (comme toute bonne mère), serrer mon enfant dans les bras et lui dire qu’il peut pleurer, que ça va passer et que ça n’est rien, je disais plutôt : « Arrête de pleurer comme un bébé, tu n’as rien. Essuie tes yeux, tu es le seul à pleurer quand tu tombes… »

Et bah bravo ! Le prix de la mère du jour est attribué à…

Rien qu’à l’écrire, je me rends compte à quel point j’étais dure. Mais la faute à qui ? Parce que je n’ai pas toujours été comme ça. En tout cas, pas au début. Au début en effet, je venais à la rescousse dès qu’il tombait, dès qu’il pleurait, limite dès qu’il esquissait ne serait-ce qu’une grimace de douleur. Et puis, à force de voir d’autres enfants tomber et se relever sans le moindre pleur, sans même regarder leur maman, je me suis posé des questions : est-ce que je le materne trop ? Est-ce qu’il ne serait pas un peu « chochotte » à cause de moi ? De là, la peur qu’on se moque de lui à l’école, qu’il ne soit vu comme un enfant faible et ne devienne par extrapolation le souffre-douleur de ses camarades. Alors j’ai estimé devoir agir, parce que l’entourage aussi te répète qu’il n’est pas en sucre et qu’à force de le consoler à chaque bobo ou pseudo-bobo, tu en ferais un être affectivement dépendant et faible.

Voilà comment j’en suis arrivée à mettre cette barrière affective entre lui et moi. A ne faire de câlins que lorsque le moment s’y prête et pas après qu’il a chouiné ou « fait le bébé ».

Mais quel rapport avec le fait de se sentir délaissé en tant qu’aîné ?

Je me dis qu’au lieu de le faire se sentir « nul » quand il pleurait, j’aurais dû continuer à le réconforter comme je le faisais. Cela aurait certainement changé la donne. Il se sentirait sûrement plus sûr de lui, sachant qu’il a tout le soutien de sa maman. Est-il trop tard pour se rattraper ? Les regrets ne servent à rien, alors il n’est sans doute pas trop tard, pas encore.

En tout cas, je me dis qu’il a raison : il était là avant. Je ne l’oublie pas, je ferai tout ce qu’il faut pour qu’il en ait conscience et qu’il sache que sa mère l’aime. Je ne suis sans doute pas la mère parfaite, mais de toute façon on lui a déjà dit de la boucler à celle-là ici

Et vous, comment ça se passe avec les aînés ? Quelles sont vos astuces ? Laissez un p’tit commentaire 😉

 

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2 réflexions sur “Mais j’étais là avant !

  1. Anaïs GDZ dit :

    Si tu ne le fais pas déjà, tu peux l’inviter à t’aider avec BB2. Pour le bain, le coucher, le lever, etc… Cela le responsabilisera, et devrait en rajouter à sa fierté d’être grand frère. Tu peux aussi tenter de le faire participer à la préparation des repas, par des choses simples, même si ce n’est que mettre la table.
    Si tu en as les moyens, tu peux également, confier BB2 à papa pendant quelques heures et tu vas passer du bon temps avec ton grand.
    Ce ne sont que des idées, je ne connais pas ton rythme de vie, mais j’espère que ça pourra t’aider 🙂

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